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 De feuilles vertes et de feuilles blanches.

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Olgretta
(#) De feuilles vertes et de feuilles blanches.   Mar 11 Avr - 19:13

Un merle chantait seul, répétant son cri en quête d'une réponse. Autour de lui, seul le vent semblait lui réponse, il venait par vague, soufflant fort pour agiter les feuilles de printemps qui bruissaient, encore fragiles mais, fortes de leur jeunesse, tiendraient jusqu'à l'automne. Il parcourait chaque arbre, l'un après l'autre puis, lassé, s'arrêtait un instant. Puis il reprenait son élan, et faisait vibrer le dôme de feuilles. Quand les nuages s'écartèrent, un rai de lumière chatoyant perça la futaie, qui éclaira la terre, encore froide de l'hiver, mais qui revêtait un fin manteau vert. L'herbe fraîche dégageait une pâle senteur de vie nouvelle. Elle était déjà douce au toucher, ses tiges lisses effleuraient la peau, ondoyant avec souplesse sous la pression.

Les pieds nus, Olgretta plongeait leur plante dans cette herbe fraîche. Elle aimait cette sensation, qui était l'une des plus douces qu'elle connaisse, loin de ces vilains draps de coton qui, au lieu d'être aériens, l'emprisonnaient dans un étau. Quelques insectes gravissaient cette étrange montagne, et elle les observait attentivement. Ils apportaient avec eux l'été, et l'ourse qu'elle était s'en réjouissait, songeant au temps clément et à l'éveil de la nature, et la fin de son hibernation. Ce serait son dernier printemps à Exilian. Elle aspirait à son retour à la vie champêtre, loin de toutes ces sociétés d'hurluberlus qui, lorsqu'ils disaient non, pensaient oui. Évidemment elle ne resterait pas dans ce monde qui n'était pas le siens.

La forêt était son endroit préféré. Elle aimait la plage, la vue de l'eau infinie l'avait toujours fascinée, et le sable était étrange pour elle, doux et caressant, irritant et abrupt à la fois. Elle aimait les jardins entretenus par les jardiniers, qui regorgeaient de plantes de tous les Royaumes et qui n'avaient eu de cesse de l'étonner. Elle aimait les marécages et son sol mou comme de la mousse, et les coassements attiraient toujours son attention. Mais les arbres hauts et serrés, ces plantes qui grimpaient à leurs envies, ces fleurs qui surgissaient sans logique, tout cela lui rappelait le monde qui était sien. La thériantrope ne parvenait à se libérer de ce carcan sociologique que sous les branches entremêlées sans qu'aucun jardinier n'ait décidé qu'elles le seraient. De surcroît, la sauvagerie des lieux ne convenait pas à ceux qui étaient civilisés. La solitude régnait.

Il commençait à se faire tard, le soleil baissait doucement, quelques ombres glissaient au sol. Pourtant, Olgretta ne semblait pas prête à partir. Après son dernier cours - des horribles débats politiques qui n'avaient aucun sens, sinon celui de chercher la difficulté là où il n'y en avait pas - l'étudiante avait sauté dans sa chambre pour prendre une outre d'eau, abandonner quelques cahiers de cours, vite remplacés par d'autres, puis s'échappait de l'enceinte de l'Académie, sac en cuir sur l'épaule. À travers la ville et ses rues, elle avait couru à bonne vitesse, s'attirant des regards dont elle n'en avait rien à faire, puis avait gagné l'orée de la forêt. Elle ne ralentit pas, et après quelques kilomètres de course, elle s'était arrêtée, légèrement essoufflée.
Là, elle avait trouvé un coin charmant. Un rocher se trouvait posé ici, éclairé par le soleil de fin d'après-midi qui parvenait à s'infiltrer entre les feuilles. Une mousse le recouvrait. Elle s'était donc installée là, assise à même le sol, le dos contre la mousse du rocher, les jambes légèrement relevées face à elle et les pieds dans l'herbe verte.

Bien sûr, l'ourse aurait voulu revêtir son pelage, enfoncer ses griffes dans la terre riche, et rugir de lassitude. Mais la semaine était à son milieu, le lendemain elle avait cours, et même si l'idée de dormir dans la forêt en tant qu'ours était alléchante, elle n'aurait pas le temps de rentrer à l'Académie et de se toiletter suffisamment pour convenir à un cours de bienséance. À la place, elle profitait du vent du printemps qui agitait ses cheveux noirs pour réviser. Un cahier était posé sur ses cuisses et elle avait la tête baissée sur ses notes, quand elle entendit, plus loin, un autre merle répondre au chant.
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(#) Re: De feuilles vertes et de feuilles blanches.   Mer 19 Avr - 10:47

Je mets deux pommes dans ma sacoche, et mon matériel habituel. Je vous laisse deviner ce que je vais aller faire. Vous n'avez pas trouvé? Je vais peindre dans la Forêt. WAAAAAAAAAAAAAAAAAAA L'ORIGINALITE me direz-vous, n'est-ce pas?

Je traverse péniblement les rues et les foules, poussant si nécessaire, ce qui m'attira des regards mauvais et parfois quelques grognements ou "Vous pouvez faire attention quand même quand vous passez Monsieur!". Généralement ce n'était pas aussi poliment dit, mais je préfère préserver les âmes innocentes qui liront cela.

Arrivé dans la Forêt, je marchai un bout de temps encore, car il me fallait trouver LA place. Qu'est-ce donc que LA place? Et bien c'est la place où je serai bien confortablement installé, au calme et où il y a quelque chose à peindre. Ah, tenez, je crois que je l'ai trouvée. Là voilà, ici c'est parfait sur ce rocher pas trop mousseux. Je m'installe et pose mes affaires. Je dispose mon chevalet, place dans mes mains un pinceau ainsi que des tubes de couleur, et puis sur le chevalet une toile vierge et bien blanche. Ne t'inquiètes pas ma belle ça ne va pas durer très longtemps.
Pendant que je suis en train de choisir entre le joli papillon sur une jolie petite fleur et un arbre couvert de mousses et dont la base est infestée de plantes et fleurs, j'entends des bruits de pas dans ma direction.
En effet, je regarde dans la direction du bruit, et remarque une personne en train d'avancer. Ah, tiens, elle a les pieds nus. Peut-être vais-je plutôt la dessiner elle, c'est plus intéressant.
Quand elle arriva à ma hauteur, cela ne m'empêcha pas de la saluer poliment comme j'en ai l'habitude.

- Bonjour, voulez-vous un portrait?

Bien quoi? On peut bien se faire un peu de sou quand l'occasion se présente non?
Elle tenait un cahier et des affaires de cours, ainsi j'en déduisis qu'elle était élève, ou plutôt Conselor. Je devinai aussi qu'elle préférait être au calme au lieu d'être en ville dans le brouhaha incessant. Enfin aussi ce n'est pas difficile, généralement quand quelqu'un se promène dans un lieu calme, c'est plutôt pour éviter les vacarmes. En tout cas c'est ce que je pense.

Le soleil brillait au dessus de nous, mais les arbres nous protégeaient de leurs branches feuillues avec bienveillance. Il faisait n'empêche assez frais, et je ne comprenais pas comment faisait la jeune fille pour ne pas déjà avoir des blocs de glace à la place des pieds. Bon d'accord j'exagère. Et puis chacun fait ce qu'il veut n'est-ce pas?

Sans attendre son avis, je me mis à la peindre (pas sur elle hein, sur la toile) , car de toutes les façons, elle ne pourrait pas le remarquer sauf si elle s'avance pour regarder ce que je traficote.
Je fis déjà les lignes de son corps au fusain, mais je prenais mon temps. Je ne suis pas du genre stressé en réalité. Non, ce serait plus zen à mon humble avis.


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Olgretta
(#) Re: De feuilles vertes et de feuilles blanches.   Mer 19 Avr - 16:00

L'acidité d'une solution aqueuse était déterminée par son potentiel hydrogène, de son petit nom pH. Elle pouvait être basique, neutre ou acide. Les sourcils froncés, Olgretta relisait chaque ligne de son cours de physique chimie. Tout cela était bien trop abstrait pour elle, ce qui l'empêchait de comprendre et, par extension, d'apprendre rapidement. Nombre de ses cours étaient abstraits pour elle, qui se battait avec acharnement contre ceux-ci pour les apprendre et s'en sortir avec sa moyenne. Par chance, cette matière touchait encore des phénomènes de la vie réelle, ce qui rendait la connaissance accessible, avec force de révisions - les mathématiques par contre... En l'élève studieuse qu'elle était, la thériantrope apprenait donc ces phrases par cœur, les relisant plusieurs fois jusqu'à pouvoir les citer au mot près. Cette technique était longue et fastidieuse, mais elle avait toujours été porteuse de fruits. Alors, les ions hydrogène sont responsables de l'acidité d'une solution : lorsqu'ils sont plus nombreux que les ions hydroxyde la solution est acide. Le pire, certainement, était que la plupart de ses camarades de classe comprenaient ces notions sans jamais avoir cette sensation sur les papilles.

Lorsqu'un mouvement aérien surgit à la périphérie de sa vue, Olgretta leva les yeux de ses cours. Il en fallait peu pour la détourner de son cahier : un papillon volait, et se posa sur une feuille un peu plus loin. À vrai dire, ce n'était pas peu pour elle - la beauté de cette toute petite vie représentait son essence même. Le spectacle, pourtant simple, pourtant connu, lui était toujours d'une grande émotion. Elle ne fit aucun mouvement, se contentant de regarder, là, ces deux belles ailes s'agiter dans l'air frais d'un printemps s'éveillant.

Un bruit, qu'elle avait appris à connaître et à reconnaître (malheureusement), brisa le calme de la forêt, plus loin derrière elle. Une personne venait. Patiente, l'étudiante continua son admiration de la faune jusqu'à ce qu'un homme soit à portée de sa vue. À sa gauche, un jeune homme installait tout un bazar dans un grand bruit qui la gênait. Pour en avoir déjà vu à l'Académie, elle reconnut cette construction de bois et ce panneau blanc : un peintre. Olgretta le fixait - il ne l'avait pas tout de suite remarquée. La jeune fille déplia ses jambes et les détendit, son cahier ouvert toujours posé sur ses cuisses, car elle avait tenu cette position longtemps et qu'elle s'engourdissait. Le bruit du tissu finit par faire réaliser à l’intrus sa présence. Pas plus étonné - de toute la forêt il s'était installé là, à côté de quelqu'un qu'il n'avait pas vu - il la salua et lui proposa un portrait.

« Non, répondit-elle simplement, d'un ton égal. »

L'art était totalement inutile à son goût. La première fois qu'elle avait vu un tableau, en arrivant à Exilian, cela lui avait paru étrange. Les visages ou les paysages qu'elle voyait étaient réalistes, certes, mais cela n'avait rien de réel. Tout était faux - d'une fausseté dérangeante. Elle n'aimait pas en regarder, quand bien même il s'agît d'une représentation de sa forêt natale ou d'un paysage qu'elle ne connaissait pas. Elle trouvait tout simplement ça bête : si les gens voulaient voir ça, autant y aller sur place.
Néanmoins, qu'il peigne ici ne la dérangeait en aucune façon - il faisait ce qu'il voulait après tout, et tant qu'il ne la dérangeait pas, elle ne le chasserait pas à coup de rugissement d'ours. À la place, Olgretta l'observa. Elle ne détourna pas le regard pendant un moment. Il était trop petit et fin à son goût. Ses cheveux blancs et sa marque sur son visage attirèrent son œil. D'abord, elle crut à un tatouage - mais la forme était trop irrégulière. La cicatrice n'était pas belle à voir, d'un rouge profond, elle semblait témoignait d'une mauvaise guérison. La plaie avait dû être profonde - elle connaissait suffisamment les blessures pour le voir - mais n'avait, par chance (et peut-être de justesse), pas touché l'œil. Évidemment, cela agitait totalement sa curiosité, l'enjoignant à dévisager plus encore l'inconnu.

Spoiler:
 
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(#) Re: De feuilles vertes et de feuilles blanches.   Jeu 27 Avr - 18:28

HRP:
 

Malgré tout ce que l'on pourrait penser, le silence qui planait n'était pas pesant; pas encore, sûrement. Chacun était occupé à ce qu'il était en train de faire; d'un côté l'Art, de l'autre les Etudes.
Je pris mes tubes de couleur, ma planche à mélanges ainsi qu'un gros pinceau et fis le décor du tableau. J'obtempère toujours comme cela. Mais quel décor faire? J'aimerais y mettre une touche d'imagination. Ah tiens je sais.

Je mis un peu de blanc, de rose, de jaune, de bleu primaire, puis me mis au travail. Quelques années plus tôt, ça aurait été très moche. Là encore je peux atteindre un niveau plus haut. Enfin, je le veux. Me parfaire dans ma technique est l'un de mes objectifs principaux dans la vie.
Je sais bien que personne n'est parfait; mais ce n'est pas une fatalité. Si je peux au moins m'élever sur un domaine, alors il faut que je le fasse.

J'étalai en mesure avec le temps la gouache et fis fusionner les formes et les couleurs de sorte à faire un contraste attirant.

Lorsque j'eus fini, finalement je me dis que ce serait mieux de le laisser ainsi. Je déposai la toile à côté, dans l'herbe, soupirai d'aise, m'étirai, puis m'allongeai et me plongeai dans la contemplation de la voûte céleste. Cela devait faire bien une heure et demi je dirais, que je suis ici. Je fermai les yeux, et laissai les bruits de la forêt parvenir doucement et délicatement à mes oreilles. J'emplis mes poumons de l'air oxygéné du lieu, puis tentai un coup de zieutage sur la droite. La fille semblait aussi plongée dans ses feuilles que je l'étais dans ma toile. Je notai des cheveux assez foncés et longs et des yeux sombres. Comme à mon habitude, je n'avais pas accordé beaucoup de temps à me la décrire physiquement. Mentalement, je ne saurais dire.
Je calai mes mains sous ma nuque et refermai les yeux. Je me sentais bien.

Un craquement sonore et brusque me fit sursauter. D'où ça vient? Je me relève précipitamment et regarde les bosquets. Puis, je découvris le coupable: un écureuil occupé à casser la coque d'une noix. Je me détendis. Je suis trop sur mes gardes.
Sauf que le craquement reprit, et cette fois-ci l'écureuil avait fini sa noix. Je ne voyais pas d'autres compatriotes du rongeur qui auraient pu expliquer ce bruit.
Le bruit se rapprochait, de plus en plus vite. Au bout d'un moment, je crus reconnaître des bruits de bottes. Je demandai à la fille:

- Tu as entendu ça? Qu'est-ce que tu crois que c'est?

J'espérais qu'elle puisse mieux m'informer que moi-même, et qu'elle pourrait me contredire sur mon hypothèse. Après tout il y a parfois quelques voyous dans les bois. Je rapprochai mon bâton plus près de moi au cas où. J'avais parfois eu affaire à deux ou trois brigands, alors si c'en est bien, je ne me laisserai pas faire facilement.
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(#) Re: De feuilles vertes et de feuilles blanches.   Mar 30 Mai - 20:02

Le temps s'écoula ainsi, dans un silence seulement entrecoupé de feuilles blanches que l'on tourne, de pinceaux raclant une surface et des bruits de la forêt : le vent secouant les feuilles vertes, les pépiements d'oiseaux, le pas léger d'un petit mammifère, le hululement d'une chouette attirée par le soir. Les deux personnes restèrent concentrées sur leur propre activité, ignorant l'autre. Ils cohabitaient dans cette prairie où la lumière d'un soleil de fin d'après-midi pouvait entrer par le trou dans le feuillage. L'homme ne la dérangea pas - elle n'eut donc pas à le chasser pour avoir un peu de tranquillité. Contrairement à la plupart des autres personnes de la ville, il ne ressentit pas ce besoin inexplicable de lui parler et, comme s'il avait entendu sa requête muette, il garda le silence. Cela lui plut et la thériantrope put continuer à profiter de l'endroit calme et agréable.

Malheureusement, son activité consistait bel et bien à réviser des cours qui l'ennuyaient et dont leur utilité était inexistante à ses yeux. Elle reprit son cours de physique chimie, prenant le cahier entre ses deux mains pendant qu'elle enfonçait à nouveau ses pieds dans l'herbe douce et finit par connaître par cœur chaque ligne écrite alors qu'elle n'en comprenait pas le sens. Satisfaite, elle se savait prête pour le contrôle écrit grâce à cela ; quant à la pratique, elle faisait confiance à son expérience de vie pour savoir ce qui était acide ou basique sans avoir à utiliser ces tests stupides qui affichaient une valeur sans consistance. Olgretta reposa son cahier sur le sol, à côté d'elle, s'étira les muscles des bras et des épaules, et plongea à nouveau son regard dans la forêt. Elle se sentait bien, là, à apercevoir le soleil qui déclinait à travers les feuilles. Sa contemplation dura quelques minutes, durant lesquelles l'ourse s'imprégna de cette nature, abandonnant toutes ces exubérances citadines qui semblaient sortir d'un autre monde, froid et sans goût.

Puis, l'étudiante rangea son cahier, regarda dans son sac en cuir bouilli, et écarta l'idée de réviser le cours de débats politiques. Toutes ces idioties l'horripilaient bien plus que ces cours qui disaient t'apprendre ce qu'était la vie à travers des chiffres qui n'étaient pas la vie. Son professeur de débat désespérait avec elle, mais avait fini par se résigner à sa seule qualité : elle apportait un regard sans ambivalence, d'une sincérité époustouflante et déconcertante. Alors, elle attrapa son cours de théorie magique - un des rares cours qui l'intéressait vaguement - et reprit sa place initiale, le posant sur ses cuisses repliées. Alors qu'elle avait le nez dans ce cahier-là, du bruit venant du peintre attira son regard. Sans gêne, elle l'observa arrêter sa peinture pour s'installer tranquillement. Puis, la jeune fille s'en désintéressa complètement.

Il sembla dormir un petit moment durant lequel le soleil commença à disparaître sous l'horizon, plongeant peu à peu la forêt dans le noir. Olgretta songea au couvre-feu - il lui faudrait bientôt partir, même si, au pire, elle pouvait aisément franchir les murs. Si elle comprenait l'intérêt de fixer une heure pour la fermeture des portes par mesures de sécurité, elle n'avait jamais compris l'acharnement de ses professeurs à lui répéter d'arriver à l'heure. Aussi y pensait-elle mais, son non-respect ne lui posait aucun problème. Alors qu'elle songeait à rentrer sous peu, un bruit lointain agita son ouïe. Mais, pas le moins du monde alarmée, l'étudiante retourna à son cahier, jusqu'à ce que le peintre l'eût entendu.

Il s'agita. Olgretta devina sans réfléchir son appréhension. Du coin de l'œil, elle l'observa distraitement : il sembla se détendre, mais le bruit qu'ils avaient perçu revint plus distinctement. Cette fois-ci apeuré, il s'adressa à elle, en quête d'une réponse. Cette fois-ci, la thériantrope réagit, refermant son cahier et le rangeant dans son sac. Elle ne se pressait pas, mais ses gestes étaient précis et en quelques secondes, elle se tenait debout à côté de lui. Dans un geste rassurant, l'ourse posa sa grande main forte sur l'épaule du peintre. Elle se tourna vers l'origine du bruit.

Très vite, une silhouette se distingua dans la pénombre du soir, notamment grâce à la lumière de sa lampe torche. Quand il arriva jusqu'à la clairière où ils se trouvaient, Olgretta reconnut l'uniforme verdâtre des gardes-forestiers. C'était un grand homme à la musculature sèche, une barbe et un regard suspicieux. Il promena le faisceau de sa lampe sur le sol, peut-être à la recherche de vandalisme et, une fois sûr que ce n'était pas le cas, il s'adressa à eux :

« Que faîtes-vous là à cette heure ? interrogea-t-il d'une voix dure.
_ Je révisais. Il dormait, répondit-elle en donnant un coup sec de la tête en direction du peintre. »

Le garde-forestier fit la moue, apparemment insatisfait de la réponse. La thériantrope avait déjà croisé des personnes de cette brigade. Ils surveillaient les forêts pour les protéger de vandalisme et aussi pour arrêter les petites frappes qui la squattaient. S'il semblait convaincu que ces deux personnes-là n'étaient pas des délinquants, il semblait aussi ennuyé de leur présence.

« Il se fait tard, vous devez rentrer en ville, dit-il de sa voie bourrue, avant de maugréer : Bon, je vais vous raccompagner. »
« Il n'y a pas besoin, affirma l'ourse. »

L'homme la regarda de bas en haut. Elle était impressionnante pour une jeune fille, elle ressemblait à une catcheuse professionnelle avec ces épaules et ces mollets. De plus, son visage montrait sa confiance en elle et sa sérénité. Pas de doute quant à la capacité à se défendre de la demoiselle. Mais, contrairement à elle, le jeune homme, s'il n'était pas chétif, ne ressemblait à première vue pas à un grand guerrier. Percevant le regard du garde-forestier, Olgretta lui assura :

« Je le raccompagne. »

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(#) Re: De feuilles vertes et de feuilles blanches.   Mer 31 Mai - 14:39

Après ma question, elle se mit à ranger ses affaires, et en peu de temps elle fut debout, à côté de moi. Je fus un moment surpris lorsqu'elle mit sa main sur mon épaule. Elle était forte et chaude.
Pense-t-elle que j'ai peur? Je n'ai pas besoin de ses tentatives pour me rassurer vu que je ne suis pas effrayé. Mais j'avoue que ça ne me déplaît pas non plus. Ainsi je ne bougeais pas, et attendit avec elle l'apparition de l'horrible monstre des forêts mangeur de peintres et d'étudiantes (plus communément connu sous les initiales de HMFMPE)

Qui ne tarda pas à pointer le bout de sa truffe ou plutôt de son nez. La silhouette était humaine et avançait avec sa lampe torche à travers la pénombre de la nuit tombante. Mince, il est déjà si tard?
Petit à petit mais rapidement, je devinais à sa carrure et à sa manière de marcher que ce n'était pas un brigand. Et ensuite, sa tenue m'informa qu'il était habillé et habitué à marcher dans les bois. Conclusion: c'est un garde-forestier qui fait son tour de surveillance. Il semblait suspicieux par rapport à nous ou notre présence ici ou aux deux. Il nous demanda d'une voix qui était aussi dure que je me l'imaginais:

- Que faîtes-vous là à cette heure ?

L'étudiante répondit pour nous deux:

- Je révisais. Il dormait. , fit-elle en jetant un mouvement de tête me désignant.

Le gaillard ne semblait pas trop satisfait de sa réponse. Il avait l'air convaincu maintenant qu'on n'était pas des voyous tueurs en séries et voleurs de bourse. Mais il nous fit part que notre présence en ces lieux le gênait un peu:

- Il se fait tard, vous devez rentrer en ville.

Puis il maugréa, bourru comme un ours:

- Bon, je vais vous raccompagner.
- Il n'y a pas besoin. , répondit une nouvelle fois la fille.

Après avoir inspecté l'apparence physique impressionnante de l'élève, il me jeta un regard qui exprimait une pensée que j'avais souvent perçue ou entendue face aux gens. Je vous fais rapidement mon CV:
-Pierre Dagrain ou plus connu sous le nom de Pierrot
-Peintre de vocation
-A en permanence avec lui quand il sort, son matériel de peinture et sa canne
-Apparence pas très inquiétante
-Heureusement pas trop petit sinon il y aurait eu de la casse de son côté
-Un bâton de bois l'accompagne toujours; sans doute pour marcher, non, après tout il est naïf.

C'est déjà pas mal pour vous montrer ce que pensent la majorité des gens me voyant?

En réalité ça m'arrange. De un, on s'intéresse généralement pas trop à moi; à part ma marque qui attire un peu l'œil. De deux, cela a tendance à stupéfier et étonner les mauvais bougres s'attaquant à ma personne lorsqu'ils perdent quelques dents et gagnent quelques bleus et côtes fêlées de quelques coups de bâton. Tromper pour mieux frapper, telle est ma devise. C'est une méthode employée par plus d'une créatures. Prenons les sirènes: ne méprennent-elles pas les marins par leurs chants et leurs illusions pour ensuite les faire couler et parfois les manger?
Et bien là c'est pareil, sauf que je ne suis pas cannibale. Et que je ne chante pas.

- Je le raccompagne. , assura la fille.

J'aurais été peut-être vexé que quelqu'un propose de me raccompagner si je n'avais pas été calme et réfléchi. Comme ça, le forestier nous ficherait la paix et on pourra partir tranquille sans embrouilles, grâce à cette fille. Sa capacité à convaincre m'impressionne je l'avoue.

Le brave homme nous salua et dit:

- Bien, bonne soirée alors.

Et il partit de son côté pendant que nous allions du nôtre. Je marchais à la suite de la fille, mais, un éclat attira mon œil, puis bientôt mon regard. Je m'arrête.
Tiens, j'ai oublié un pinceau?
Je m'approche de la place où j'étais installé plus tôt et d'où émanait une légère lueur bleutée.

C'était un long pinceau au manche bleu ciel et aux poils d'une douceur, mais d'une douceur incroyable. Il avait même quelques motifs dorés sculptés dans le manche. En connaisseur, je sus directement qu'il était d'une qualité et d'une rareté remarquables.
En tout cas ce n'est pas l'un de mes pinceaux.
J'hésitai un instant...... puis m'en emparai. Je le testerai à la maison.
Et je rattrapai en quelques enjambées la jeune étudiante.
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Olgretta
(#) Re: De feuilles vertes et de feuilles blanches.   Mar 13 Juin - 22:46

Les doutes du garde-forestier disparurent brusquement de son visage aux mots de l'ourse. Elle l'avait convaincu de la façon la plus déconcertante pour ses professeurs de débats politiques : en trois mots, mais prononcés avec une telle détermination et une telle ferveur, elle parvenait à convaincre. Les longs discours n'étaient pas pour elle ; tout était clair et limpide, sans que les mots ne s'y emmêlent jusqu'à former un grand bazar. Sa carrure et sa perpétuelle tête sérieuse aidaient aussi, il fallait l'avouer. Cette technique bien personnelle désespérait ses professeurs, qui hésitaient à chaque fois entre la désapprobation et l'admiration. Cela ne l'intéressait absolument pas. Le résultat était que l'homme repartait entre les arbres afin de veiller sur la sûreté des lieux, sans être gêné par leur présence tardive.

Olgretta tourna son regard vers le garçon qu'elle devait accompagner, dont le visage était encore à peine éclairé par le soleil couchant. Bien sûr, il était clairement plus à l'aise, maintenant qu'il avait découvert que le bruit qu'il avait entendu ne provenait pas d'un horrible monstre sanglant. Cela dit, son évidente peur - qu'il avait essayé de cacher - était un réflexe intelligent, dont elle avait pleinement confiance. Comme pour le rassurer un peu plus, elle attendit qu'il entamât un mouvement avant de bouger elle-même. Ainsi rassemblèrent-ils leurs affaires personnelles sans un mot.

L'étudiante retourna à son rocher, où elle avait abandonné sac, cahiers et bottes, ainsi que la douceur d'une terre printanière. En quelques secondes et gestes précis, ses pieds avaient regagné l'intérieur des chaussures - elle ne les avait pas frottés avant, comme la plupart des gens le feraient - et son cahier l'intérieur de son sac de cours - mais quand même tout en douceur, elle prenait soin de ses affaires quand même. Elle eut un dernier regard pour la petite clairière. Contrairement à la forêt, elle n'était pas encore sombre, un peu de lumière y parvenait. Grâce à cela, la verdure y était plus présente en ce début de printemps. L'air se rafraîchissait dangereusement - mais il en devenait si agréable à respirer. Les quelques traces de vie diurne disparaissaient et, au lieu, le hululement d'un hibou - l'ourse savait faire la différence entre une chouette et un hibou - annonçait l'arrivée des animaux nocturnes. En effet, il était temps pour eux de partir.

Le bazar du peintre sous ses bras - quel intérêt y avait-il de se promener avec ces toiles et toutes ces choses encombrantes ? - la jeune fille commença à avancer, s'arrêtant sous l'ombre d'un grand hêtre quand elle l'entendit s'éloigner. Plissant les yeux, Olgretta l'observa ramasser un de ses pinceaux, puis revenir vers elle. Avant qu'il ne l'ait atteinte, elle reprit sa route, utilisant son ouïe pour savoir qu'il était bel et bien derrière elle. La ville était à une dizaine de minutes de marche - s'ils ne traînaient pas. Il faisait sombre, là, sous les immenses arbres qui bourgeonnaient depuis peu, mais cela ne l'empêchait pas d'avancer d'un pas sûr et rapide, tout en faisant attention au sol irrégulier de la forêt.

Après quelques pas dans un silence naturel pour Olgretta, elle sut que cela ne durerait pas. Les personnes civilisées ne supportaient pas de ne pas parler - un des innombrables faits qui échappaient à sa compréhension. Alors, anticipant la première question qui lui serait posée, sans se retourner, la thériantrope prononça :
« Olgretta. »
Quelques petites secondes lui confirmèrent qu'une telle parole ne devait pas lui être compréhensible, aussi ajouta-t-elle, toujours en marchant :
« Je m'appelle Olgretta. »
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(#) Re: De feuilles vertes et de feuilles blanches.   Jeu 31 Aoû - 12:03

HRP:
 

Je pensais au bout d'un moment de grand silence que tout au long de notre voyage vers la civilisation serait calme, puis les paroles de la jeune fille me détrompèrent. Ah, peut-être que l'on va pourvoir causer.

- Olgretta.

Euh..... Oui, mais encore? C'est un nom de champignon, un mot d'un dialecte étranger? Et dans ce cas, pourrais-je avoir une traduction s'il-vous-plaît? Olgretta, olgretta...
Je ne savais pas quoi dire à ce mot et lui lançai un regard plein d'incompréhension qu'elle ne pouvait pas vraiment voir vu qu'elle me tournait le dos, ne le comprenant pas. J'avais beau le retourner dans tous les sens dans ma tête, mais sans plus de résulta. Puis, au bout de quelques secondes, l'étudiante précisa  sans s'arrêter de marcher, enfin le sens ce de mot mystérieux qui en fait ne l'est pas vraiment.

- Je m'appelle Olgretta.

Ah d'accord! Je comprend mieux là pour le coup. Et je me sens un peu bête de ne pas l'avoir deviné. Enfin il faut dire qu'elle l'a dit comme ça sans prévenir, alors je pense que l'on peut m'excuser un peu.
Je la rattrapai en quelques enjambées avec agilité malgré tout mon fouillis, tant et si bien que l'on eut presque cru que je n'avais rien sur le dos et dans la main droite. car je préfère parler avec les gens face à eux, où en tout cas pas derrière. Je me postai à sa droite.

- Enchanté. Pierre Dagrain, mais on m'appelle Pierrot dans le coin.  , souriais-je amicalement et lui tendis ma main pour une éventuelle poignée de main scellant peut-être un début d'amitié entre un artiste et une étudiante des bois.

Elle n'était pas très bavarde d'après ce que j'avais vu avant, et ne parle pas pour rien dire j'imagine. Econome des mots. La preuve, lorsqu'elle a donné son nom. Bon, après elle a précisé, se rendant sans doute compte que ce n'était pas vraiment compréhensible. C'est amusant. Tellement amusant qu'une lueur d'amusement brille légèrement au fond de mes yeux clairs.
La nuit était maintenant tombée, et la lune éclairait assez bien les lieux. Le vent soufflait et faisant bruire les feuilles des arbres et danser l'herbe que nous foulons. C'était calme. Si calme.
Trop calme.
Et c'est très bien ainsi. Enfin ça dépend. J'ai l'impression de gueuler et que tout l'univers m'entend alors que je parle à voix modérée, doucement. C'est assez gênant comme sensation. Mais comme je ne suis pas quelqu'un de spécialement asocial, parler dans ces conditions ne me dérange pas. Le silence non plus me dérange pas. C'est... reposant. Autant l'un que l'autre. De parler à quelqu'un qui n'a pas le visage creusé par une mort prochaine et une voix usée par la vie. J'aime mon père. Mais le voir dans cet état me rend vraiment triste, surtout quand je pense à mon enfance où lui et ma mère étaient plein de vie et rayonnaient. Nous étions heureux bordel!
Je tirai un peu plus ma capuche avec ma main droite toujours en tendant l'autre main car malgré toutes ces pensées et remarques intérieures il ne s'est pas passé énormément de temps. Et pourtant c'est un petit tourbillon qui tourne en moi.
Que je calmai bien vite. On part tous un jour de toute façon. Il faut que je reste heureux. Pour mon père. Car ça risquerait de l'attrister de me voir peiné à cause de lui. Jouer un peu les hypocrites afin de ne pas le faire souffrir encore plus qu'il n'est en train. Je déteste l'hypocrisie mais là pour une fois j'en aurai besoin.
Si ma mine s'est assombrie un coup, elle retrouva en un instant toute sa candeur d'auparavant.


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(#) Re: De feuilles vertes et de feuilles blanches.   Ven 15 Sep - 12:05

Quand elle entendit les pas de l'artiste accélérer - surtout son barda tintinnabuler plus fort - elle garda le même rythme, se contentant d'un regard en coin pour le voir approcher. En gardant son visage droit, elle surveillait la route en même temps - il serait capable de trébucher sur une racine, dans la pénombre. Contrairement à tous ceux qu'elle avait rencontré sur Exilian, l'ourse avait appris à ne pas se fier uniquement à ses yeux, ce qui s'avérait pratique pour marcher en terrain irrégulier un soir. Par chance, ils se dirigeaient vers l'est, et la pleine lune était proche. Déjà levée, jusqu'à présent cachée par l'éclat solaire, la lueur sélénite offrait une faible visibilité entre le feuillage des arbres. D'autres se perdraient aisément du fait de la nuit - des habitants se perdaient même la journée dans la forêt, elle ne savait foutrement pas comment ils faisaient - et sans une lampe, mais après sept années à vivre sur cette île et à ressasser ses petites zones de terre sauvage, Olgretta les connaissait par cœur.

Comme pour lui répondre, il déclina également son nom, dans une réponse plus longue que la sienne - évidemment. L'idée de ne pas l'appeler par son prénom, mais par un surnom, la surprit. L'ourse s'en étonnait - pourquoi ne pas utiliser son vrai prénom ? Elle comprenait l'idée d'une marque d'affection dans un surnom - son propre père en avait eu à son adresse, en de rares occasions - mais le remplacement total la désorientait. Si les raisons d'un tel choix n'étaient pas à sa portée, rien ne l'empêchait de faire ce qui lui était demandé. Avec une spontanéité qu'elle avait développée depuis son départ, l'étudiante jeta ses préoccupations en dehors de son esprit, et se contenta d'accepter la demande, sans plus se poser de questions.

Mais un autre sujet d'incompréhension transparut un instant sur son visage, lorsque Pierre tendit sa main vers elle. Un instant, elle crut qu'il allait la toucher d'une quelconque manière - ce qui ne l'aurait pas dérangée, les contacts physiques n'étaient pas tabou pour elle - mais il se contenta de la maintenir en l'air. Sur le coup, la bête sauvage qu'elle était oublia ce que ce geste signifiait - entre étudiants, la formalité n'était pas de mise, et un simple mot suffisait, d'où son manque de pratique. Puis, un maillon de sa mémoire se réactiva, mettant à la lumière de vieux souvenirs de ses 11 ans, et Olgretta leva sa propre main, afin de serrer celle qui resta vide quelques courtes secondes. Sans qu'elle ne le veuille, sa poigne démontra une certaine force, puisqu'elle s'appliqua dans son geste.

L'instant d'immobilité qui fut nécessaire s'évanouit, et la thériantrope voulut reprendre sa marche. Mais un coup d'œil plus prononcé vers le visage de Pierre la fit s'arrêter. Elle avait appris à reconnaître les expressions du visage, et cette mine renfrognée la poussa à le rassurer :

« Tu ne risques rien. »

En disant cela, Olgretta avait posé sa main sur l'épaule du garçon, autant dans un geste de réconfort que pour finalement le pousser légèrement, afin qu'ils reprennent leur marche. Là, elle avait également tourné la tête, plantant son regard dans celui de Pierre, ce qui donnait d'avantage de détermination à ses propos. Elle avait interprété ce visage sombre en peur, et sans montré aucun signe de moquerie ou d'un simple jugement, elle lui assurait à nouveau son aide, sans aucune ambiguïté. Si des vandales venaient leur chercher des ennuis, elle les renverrait chez eux avec des os cassés, sans qu'aucun hématome ne leur soit infligé.

Et, sans plus de commentaire, ils recommençaient à marcher, effrayant un merle par leur raffut, qui s'échappa d'entre les épines d'un pin pour prendre son envol dans la nuit tombante. Quelques minutes de marche les attendaient, Olgretta espérait secrètement qu'elles ne se passeraient pas dans un babillage incessant de l'artiste. Discrètement, elle surveillait les pieds de Pierre lorsqu'une racine, ou un monticule de terre, était sur son chemin - au cas où, pour le rattraper à temps.
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(#) Re: De feuilles vertes et de feuilles blanches.   Ven 27 Oct - 20:48

L'étudiante semblait surprise que je tende la main comme cela. Après un petit temps d'immobilité dans l'air, ma main fut tout de même serrée par celle de mon interlocutrice; un peu trop d'ailleurs, mais je ne dis rien car en plus j'avais l'habitude avec mon père. Elles se séparèrent une fois ce geste fait, et Olgretta allait repartir, moi aussi, enfin c'est ce que je pensais, mais elle s'arrêta net dans son moment. Elle plongea ses yeux dans les miens, et, en posant une main réchauffante sur mon épaule, me lança ces mots avec détermination :

-«  Tu ne risques rien. »

J'écarquillai légèrement les yeux, un petit peu décontenancé. Puis, j'eus un sourire un peu triste, haussai les épaules, levai les mains en direction du ciel, les coudes au niveau de ma taille, puis relâchai le tout dans une expiration qui s'approchait du soupir.

« Si tu le dis. »

A vrai dire mon ton ne semblait pas très convaincu. Je me demande pourquoi elle m'a dit ça ainsi. Lit-elle dans les pensées ? Zut, elle a dû remarquer mon petit moment de faiblesse à l'instant. Je ne sais pas si je risque rien, mais pour mon père je ne suis pas sûr que ce soit le cas. Je fis un effort et souris avec un peu plus de gaieté, lançant :

« Allez, avançons, nous devons rentrer chez nous avant qu'il fasse plus sombre encore et que l'on se perde. Ce serait bien bête ma foi. »

Et je pris cette fois-ci la tête de la marche, mais à coup sûr que la jeune fille aura tôt fait de me rattraper, ça je n'en doute pas. La tricheuse, elle a juste quelques cahiers alors que moi je suis chargé comme une bourrique. Brr.
Le vent se leva un instant, caressant l'herbe, et gonflant ma capuche qui partit en arrière, dévoilant ma tête. J'aurais peut-être frissonné si je n'étais pas originaire du Royaume des Neiges où le climat est assez rude et glacial, car il faisait un peu frisquet. Mais il faisait beau. Cette nuit était une de celles que j'appelle de belles nuits, avec un ciel clair et dégagé, les étoiles miroitant comme de éternelles étincelles et la lune brillant comme jamais, ronde, pâle, lumineuse, belle.
Cet astre m'a toujours étrangement attiré et plu. Il émane comme de lui... je ne saurais le dire... des sentiments, des ondes ? positifs. Et je me sens étrangement proche de lui, comme si un lien étroit nous connectait.
Lorsque nous sortîmes du couvert des arbres, je plongeai mes yeux dans le globe luminescent, irrémédiablement attirés par lui, et mon esprit s'y logea. J'étais euh... c'est le cas de le dire, dans la lune. Sentir ses rayons sur ma peau était aussi agréable que de sentir ceux du soleil. Je me sentais un peu vivifié par ce « contact » immatériel.
Je fermai les yeux, ou en tout cas les baissai aux trois quarts, les reconcentrant sur la route, en profitant pour ma part du silence reposant des lieux. Nous étions sur une route pavée menant à la ville, à la civilisation. C'est tellement calme. Surtout avec une camarde aussi pipelette à côté de moi. Ca ne me dérange pas plus que ça. C'est même mieux je trouve. Pas besoin de discutailler et de piailler pendant des heures, on est tranquilles chacun dans son coin à remuer et créer d'anciennes ou de nouvelles pensées. Et ainsi on ne violait pas l'intimité de l'autre, on se laissait un espace  personnel on va dire.
Mais bien sûr, je ne pus m'empêcher de poser quelques questions innocentes, ou au moins une pour commencer :

« Hmm tu viens d'Exilian ou tu es originaire d'une autre contrée ? »

Ca va, ce n'est pas trop indiscret comme question, je pense ne pas avoir dépassé de limites éventuelles à ne pas franchir. Ou je n'en sais rien en fait, je ne connais pas tellement, voir pas du tout la brune avec qui je parle.


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