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 Un souvenir, des souvenirs.

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Olgretta
(#) Un souvenir, des souvenirs.    Ven 30 Juin - 22:14

Spoiler:
 

Quelle chaleur ! L'été était arrivé et avec lui, les premières chaudes journées de l'année. Il faisait bien plus chaud à Exilian que sous le couvert de son feuillage maternel. Ces grands espaces ouverts n'offraient que peu d'ombre - heureusement, le vent marin de l'île apportait du soulagement. Mais pendant plusieurs jours, une vive chaleur avait succédé à la douceur du printemps, apportant joie et émerveillement pour la plupart, mais pas pour Olgretta. Elle était une ourse avant tout - ce n'était pas un animal du désert, loin de là. Cette chaleur lui était peu profitable, aussi ces derniers jours avaient-ils été très volages. Sa concentration en cours était altérée par la perspective d'une virée dans la forêt d'Exilian après sa journée - elle aimait également le grand lac, dans lequel elle faisait trempette, ce qui choquait ces citadins trop propres qui se lavaient au désinfectant.

Mais l'été apportait également la fin de l'année scolaire et, de ce fait, les examens. Il s'agissait de la dernière année d'Olgretta, aussi les examens promettaient-ils d'être plus difficiles que les années précédentes. Il y avait aussi la perspective d'enfin quitter Exilian, de gagner un nouveau Royaume, de se construire sa propre maison, de mener la vie dont elle a toujours rêvé. Néanmoins, ces idées n'avaient pas que de bons côtés, puisque cela signifiait également de dire adieu à certaines personnes qu'elle appréciait. L'étudiante avait passé de bons moments avec eux et, elle s'en étonnait, ressentirait du manque. Ses premières pensées allaient pour Sifay, qui lui avait tant appris et qui faisait preuve de tant de générosité. L'ourse voulait lui laisser une petite chose avant de devoir partir, la simple cristallisation de tant de souvenirs.

Hélas, avec les révisions, le temps lui manquait - aussi avait-elle décidé de se rapatrier sur les magasins. Et en ce jour, de sombres nuages offraient une ombre qui la convainquit de se rendre au centre-ville. Bien que l'air fût encore chaud et lourd, un vent frais s'était levé. Le temps annonçait donc de la pluie, et s'il effrayait la plupart des habitants, Olgretta en était, elle, ravie.

Les rues étaient calmes pour une fin d'après-midi, et les rares passants avaient tous un parapluie sous le coude. Sans cette même protection, l'étudiante voguait dans le centre-ville, regardant d'un œil inexpressif les devantures des magasins. Elle n'avait aucune idée particulière pour ce cadeau, et attendait simplement de voir un objet qui lui plairait. Elle entra bien dans quelques boutiques, mais rien ne lui plut, aussi continuait-elle de déambuler. Sa marche lente lui permettait de profiter de l'ombre des nuages et du vent frais, lorsqu'elle vit une autre vitrine intéressante. Là, plusieurs sculptures étaient visibles, plutôt jolies, toutes d'un bois qui lui plaisait. Trouvant l'idée attractive, la jeune femme entra dans la boutique dont la porte ouverte laissait un filet d'air entrer.

L'aspect de la pièce l'indifféra au plus haut point - elle préféra se concentrer sur le travail, il y en avait de toutes les tailles, de la plus petite à mettre sur un guéridon à la grande pour combler le coin d'une pièce. Il y avait bien un peu de tout, aussi Olgretta prit-elle le temps d'observer chaque pièce, tout en réfléchissant à ce qui lui conviendrait autant qu'à Sifay.
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Lesia Maiwenn
(#) Re: Un souvenir, des souvenirs.    Sam 1 Juil - 15:52

Lesia avait probablement un peu pleuré ce matin, encore. Elle ne se souvenait pas particulièrement, mais voulait oublier. Penser à autre chose de meilleur. À ses sculptures, ces petits bijoux qu'elle aimait tant. Elles venaient d'elle-même, c'était sûrement pour cela qu'elle les aimait. Elles faisaient partie d'elle, de sa personnalité, finalement, et elle tenait à elles, sans doute plus qu'elle tenait à n'importe quoi d'autre. Elles représentaient beaucoup. Et lorsqu'elle venait à les vendre, bien sûr elle avait un petit pincement au coeur, mais elle aimait que les autres s'intéressent à elles. Elle savait que les autres pourraient tout aussi bien s'occuper d'elles, si ce n'était plus encore, puisqu'elle les vendait individuellement, elles n'auraient même pas à partager leurs moments d'attention. Lesia sourit. Elle ne pensait plus à ses problèmes maintenant, plus qu'à elles. C'était le remède rêvé.

Lesia travaillait aujourd'hui, comme tous les... Finalement, elle ne savait pas. Combien de jours sa mémoire lui avait-elle fait oublié, encore ? Elle se dirigea vers son calendrier, devenu bien malgré elle le rituel de chaque matin. Elle chercha la date, celle qui n'était pas encore rayée. Une journée seulement, elle n'avait manqué qu'une journée. Elle soupira, puis raya la nouvelle date avec le crayon, celui qui se trouvait toujours à cet endroit et ne servait rien qu'à cela : rayer les jours. Toujours était-il qu'elle travaillait, aujourd'hui. Elle se chaussa, et se rendit dans son petit atelier, pour récupérer la nouvelle sculpture, qu'elle avait terminée la veille au soir. Un autre petit bijou qui poura rencontrer ses soeurs, aujourd'hui. En espérant qu'elles s'entendent bien.

Elle arriva en avance, aujourd'hui. Cela lui arrivait souvent, elle ne faisait pas vraiment attention à l'heure, lorsqu'elle se trouvait chez elle. Lesia préférait travailler à son rythme, et ce n'etait en général pas un problème, puisqu'il n'y avait jamais foule dans la boutique. "Le temps que ça se mette en route, ça va aller vite tu verras.". C'était sûrement cela que lui aurait dit son père, s'il avait été là. Son père... Il lui manquait terriblement parfois. Sa mère aussi. Ses parents lui manquaient. Lesia se demandait souvent si elle avait le bon choix de s'installer à Exilian. Elle se demandait comment s'en sortaient ses parents, là-bas, et comment allait le royaume en général. Elle se demandait si son père aurait été fier d'elle, de ce qu'elle a réalisé depuis qu'elle est partie. Elle se demandait beaucoup de chose, peut-être trop de choses, et ne savait même pas si elle aurait des réponses, un jour ou l'autre. Elle pourrait sans doute les revoir bientôt. Elle l'espérait fort, en tout cas. Et, on dit que l'espoir fait vivre, non ?

Lesia déposa la petite nouvelle avec les autres, dans la catégorie des animaux. Celle-ci représentait un panda, un bébé panda, rond, joufflu, une boule de poils. Il était assez réussi, et la jeune femme en était très contente, depuis le temps qu'elle travaillait dessus... Oui, il était très réussi, et Lesia en était fière. Elle prit un peu de temps pour saluer ses sculptures, leur parler, en carresser quelques unes, par-ci, par-là. Elle prenait toujours un peu de temps pour cela le matin, et avait l'impression que l'ambiance en était meilleure ensuite. Car chaque petit geste, même infime, tel qu'un sourire, pouvait avoir bien plus de conséquences que l'on pouvait le croire. Un sourire peut changer à lui seul la journée d'une personne, et cela ne coûtait rien à personne. Telle était sa philosophie de vie.

Lesia se dirigea ensuite vers son comptoir, comme d'habitude, derrière lequel elle s'assit, comme d'habitude. Elle sourit, et ouvrit un tiroir, toujours le même, pour en sortir son livre actuel. Elle avait beau l'avoir entamé il y avait à peine deux jours -trois si l'on comptait son absence-, celui-ci était déjà presque terminé, et il plaisait encore plus à Lesia. Elle en était arrivée au coeur de l'histoire, et dans ces moments là, il devenait presque impossible pour elle de le lâcher, ne serait-ce que quelques secondes. Et de toute façon, elle avait bien le temps de les finir, en général, comme il n'y avait pour l'instant que peu de clients...

Lesia releva la tête de son bouquin quelques instant. Quelqu'un était entré dans la boutique. Elle avait un client ! Tout sourire, elle replaça le livre dans son tiroir habituel. Cela n'aurait pas fait très serieux, et déjà qu'il n'y avait pas beaucoup de monde, si ceux qui venaient pouvaient revenir, c'était encore mieux ! Elle se leva, et chercha des yeux son nouveau client. Elle vit celui-ci -ou plutôt celle-ci- dans un coin de la boutique. Elle observait les sculpures avec une attention particulière, et Lesia devait admettre qu'elle aimait beaucoup que l'on s'interresse à son travail. Enfin, il est vrai que cela pouvait paraître un peu narcissique, mais tout le monde réagirait sans doute de cette façon, non ? Quoi qu'il en soit, Lesia était heureuse, et cela devait sûrement se voir sur son visage. Elle s'approcha d'un pas lent vers la jeune femme, et lui demanda, le sourire aux lèvres :

"Bonjour ! Est-ce que je peux vous aider ?"
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Olgretta
(#) Re: Un souvenir, des souvenirs.    Jeu 31 Aoû - 18:11

Il y avait des sculptures de toutes les tailles et de toutes les formes. Cela allait du paysage sculpté sur une fine planche de bois à la forme féminine semblant jaillir de son socle. Le travail était minutieux. Les présentoirs étaient envahis. Une odeur de bois et de résine régnait, légère, dans la pièce - preuve que la fabrication était réalisée dans une autre pièce de la bâtisse. Cette odeur rappelait à Olgretta bien des souvenirs - de ceux qui concernaient sa vie dans la forêt. Son père lui avait appris le travail du bois - celui qui permettait de construire une maison agréable et solide, avec ses meubles et ses ruches. Quelques rares fois, Beorn avait pris le temps de sculpté un morceau de bois qui ne lui servait plus, mais il n'avait jamais pris le temps de lui enseigner ces techniques. En conclusion, le choix de matériau de cet artisan lui plaisait énormément.

Mais il y avait beaucoup de choses à voir et, dans les quelques articles qu'elle observa, aucun ne la convainquit. Olgretta entendit les bruits de pas d'une personne légère qui s'approchait d'elle. Penchée sur une statuette, elle ne se releva pas tout de suite. Mais quand une voix indéniablement féminine perça le silence de l'échoppe, l'ourse se redressa. Elle observa la vendeuse - pouvait-elle être également l'artisan, avec ses bras menus ? les mains abîmées semblaient le prouver. Le regard de l'étudiante était d'une neutralité fulgurante - rien ne transparaissait, pas même l'esquisse d'un sourire poli. Avec son flegme naturel, Olgretta répondit au bonjour par un simple hochement de tête qui contrastait avec le bonheur de la sculpteuse.

La question qui lui fut posée était ouverte - du moins, plus que « Que cherchez-vous ? » à quoi elle n'avait pas su répondre. En effet, l'étudiante n'avait pas d'idée précise. Elle ne savait pas quel type d'objet conviendrait à son envie ; elle espérait simplement trouver quelque chose qui aurait un sens à ses yeux. Un rapide coup d'œil à la salle l'informa que son aide ne serait pas une mauvaise idée. Néanmoins, il fallait qu'Olgretta la guide d'une rapide description de ce qu'elle voulait - tâche plus difficile qu'il n'y paraissait. Elle prit un petit temps avant de répondre avec beaucoup de simplicité :

« Je cherche un cadeau pour un amie - quelque chose qui ne soit pas encombrant. ».

La thériantrope avait dû baissé la tête pour s'adresser à la vendeuse - comme avec beaucoup de personnes, du fait de sa grande taille peu commune aux femmes. Ainsi avait-elle pu sentir sur sa nuque la légère brise fraîche qui s'était insinuée par une des fenêtres entrebâillées, qui s'avéra exquise par ce chaud été.
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Lesia Maiwenn
(#) Re: Un souvenir, des souvenirs.    Ven 1 Sep - 11:37

La jeune femme hocha poliment la tête à Lesia, tout en restant de marbre. Ce qui lui donnait d’ailleurs un air sérieux, presqu’un air professionnel pourrait-on dire, et cela plût encore plus à la jeune fille. Elle eut ainsi l’impression que c’était son travail que l’on prenait au sérieux, tous ses petits bijoux. Que l’on ne prenait pas son métier à la légère, que l’on le considérait vraiment comme un métier, un réel métier. Et c’en était un, aux dernières nouvelles : elle faisait des efforts, elle rapportait un peu d’argent, elle avait un lieu de travail… Mais son métier était pour elle comme une passion, elle sculptait d’abord pour son plaisir à elle. Et puis, c’était sans compter ses clients qui n’étaient pas très fréquents tout au long de la journée, ces derniers préféraient s’amener en fin de journée après leurs travaux respectifs, et elle finissait la plupart du temps par dévorer une bonne série de livres sur son lieu de travail. Et pour en revenir au sujet initial, Lesia ne s’était jamais imaginé avant tout cela que ses journées de travail ne consisteraient qu’en un joli mélange de lecture et de sculpture quotidien. A la réflexion, elle avait sa petite routine à elle, sa petite routine de rêve.

« Je cherche un cadeau pour un amie, quelque chose qui ne soit pas encombrant. »

Lesia releva la tête vers sa nouvelle cliente. Enfin, il lui semblait qu’elle était nouvelle du moins, mais elle ne l’avait encore jamais aperçue ne serait-ce qu’aux alentours de sa petite boutique. Elle n’oubliait que rarement le visage des personnes qu’elle rencontrait, même si c’est vrai, l’on rencontrait du monde chaque jour ou presque. Là-dessus, Lesia avait toujours eu une très bonne mémoire, comme sur beaucoup d’autres choses d’ailleurs, si l’on ne comptait pas ses journées perdues. Elle n’avait jamais eu beaucoup de mal au cours de sa vie à retenir les leçons enseignées par ses parents, par exemple, et il ne lui fallait que rarement plus d’une démonstration pour qu’elle puisse à son tour exécuter une quelconque tâche, quelle qu’elle soit. Et elle avait toujours été ravie de cette partie d’elle-même, qui ravissait par la même occasion ses parents chaque jour. Quand elle était un peu plus jeune. Elle se demandait souvent comment ils pouvaient bien aller, chez eux, dans leur foyer, qu’elle avait aussi eu beaucoup de mal à quitter. Elle se répétait, oui, mais Lesia se répétait souvent. Car c’est qu’elle lui manquait, elle-aussi, la maison de son enfance, la maison dans laquelle elle avait grandi, la maison dans laquelle elle avait été heureuse. Au moins autant que sa propre famille. Non pas qu’elle ne soit pas heureuse maintenant, bien au contraire, mais… Il y avait parfois en elle un vide, un vide qu’elle ne savait comment combler, sans l’amour de ses parents, sans ses confidents. Bien sûr qu’elle se sentait bien ici, seulement… Un peu seule peut-être.
La jeune fille en revint à sa nouvelle cliente, et à sa demande, par la même occasion. Quelque chose de pas encombrant… C’était tout de même très vaste, comme idée. Des choses pas très encombrantes il y en avait tout de même beaucoup, ici… Sans doute plus que de sculptures qui se qualifieraient d’encombrantes, justement. Et puis, cela pouvait dépendre de bien des choses. D’abord, ce que la jeune femme qualifiait d’encombrant. A partir de trente centimètres, peut-être. Et puis, le plus important, cela dépendait des gouts de la dite amie. Parce qu’elle sentait bien devoir recommander tout le magasin. Si on enlevait quelques rubriques en tout cas, comme celle des enfants.
Reprenant un sourire poli, mais tout autant enjoué, Lesia se lança dans ses explications. Après tout, tout ce qu’elle voulait en tant que vendeuse, c’était que ses clients se sentent à l’aise et bien servis dans sa boutique, afin qu’ils aient envie de revenir plus tard. Et c’était bien normal.

« Très bien. Alors, les sculptures les plus petites se trouvent sur les rayonnages les plus hauts de chaque catégorie, en bas se trouvent celles qui demandent plus d’espace. Les différentes catégories sont disposées par ordre alphabétique dans la boutique, mais lorsque l’on ne sait pas bien ce que l’on recherche, la catégorie des animaux en particulier est très appréciée, car contrairement au reste, il n’y a pas de personnages spécifiques à connaître ou non. Celle-ci se trouve à l’avant du magasin, si vous avez envie d’y faire un tour. Ensuite, tout dépendra de votre budget et du temps que vous avez pour votre cadeau, mais je peux aussi vous proposer une sculpture personnalisée pour la semaine prochaine, où vous pourrez choisir ce qu’elle représente et sa taille. »
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Olgretta
(#) Re: Un souvenir, des souvenirs.    Mer 6 Sep - 22:36

La petite femme lui répondit par un long monologue où, à la moitié, Olgretta s'apprêtait à se retourner car elle le croyait fini. Qu'importe ses sept années à vivre ici, elle ne s'était jamais habituée aux nombreuses étrangetés de ses habitants - dont le débit de paroles indigeste. La vendeuse faisait incontestablement partie de ce système incompréhensible, avec sa propreté et sa silhouette chétive. Il serait difficile de trouver un duo aussi dichotomique. La haute stature, les épaules carrées et les gros bras ne pouvaient être comparés aux fines tailles des citoyennes, considérées comme bien plus féminines. Le visage fin, le sourire et les yeux si expressifs s'affrontaient dans un face-à-face avec un visage dur et figé. Les cheveux noirs et le teint hâlé contrastaient avec les mèches roses et la peau d'ivoire. La tunique et les chausses en toile, triviaux et usés différaient avec les habits coquets et propres.

Elles n'avaient rien en commun, que ce soit physiquement, mais aussi dans leurs mœurs. Alors qu'un grand discours lui avait été servi, Olgretta y répondit par un silence. Combien de fois lui avait-on dit qu'il était impoli de ne pas répondre ? La réponse était un nombre incalculable de fois, pourtant, elle continuait à garder le silence car, à son avis, elle communiquait beaucoup plus par ses silences que par ses paroles. Même lorsqu'elle répondit ainsi, peu de personnes croyaient en l'ourse. Mais son regard scrutateur sur une des sculptures, sa légère caresse du bout des doigts pour sentir le travail minutieusement réalisé afin qu'il soit lisse, le temps exagéré qu'elle passait dessus, en disaient plus qu'un simple « Vous faîtes de jolies sculptures ».

En suivant le conseil donné, l'étudiante s'était tournée vers la catégorie animaux - ce qui lui donna une vague idée, par ailleurs. Étant donné qu'elle souhaitait une cristallisation de son souvenir, un autre animal qu'un ours lui semblait incongru. Il lui fut facile d'en trouver un - elle était à la bonne hauteur pour avoir la meilleure des vues - et n'hésita pas à le prendre dans ses mains - la politesse du "regarder avec les yeux" n'existait pas pour elle. Olgretta l'admira un moment, tournant et retournant la pièce entre ses doigts. Le toucher était agréable, la sculpture était excellente de précision. Le travail lui plaisait, mais les proportions de l'animal étaient petites : il s'agissait plutôt d'un ours noir, bien plus petits que les ours bruns. Pourtant, debout sur ses pattes antérieures, il pouvait paraître grand pour un œil non aguerri.

Finalement, l'idée lui plaisait. Peut-être celle-ci n'était-elle pas toute en finesse, mais une ourse de plus d'une tonne n'était pas faite pour la finesse. La statue toujours entre ses doigts, l'étudiante releva un instant les yeux : il avait fait subitement plus sombre dans la boutique. Un gros nuage sombre venait de cacher le soleil d'été, et un vent commençait à secouer la rue. La pluie ne tarderait pas. Mais son annonce évidente n'empresserait pas l'ourse, qui se tourna lentement vers la petite aux cheveux roses, le visage calme.

« En avez-vous d'autre ? demanda-t-elle en indiquant la sculpture entre ses mains en la levant légèrement. Plus grand et plus gros : un ours brun. Couché ? Marchant ? précisa-t-elle sa demande. »
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Lesia Maiwenn
(#) Re: Un souvenir, des souvenirs.    Dim 10 Sep - 16:37

Devant elle, la grande femme ne l’écoutait que d’une seule d’oreille. Elle passait son temps à regarder autour d’elle, ou bien seulement dans le vide. Ses yeux avaient tendance à dériver. Lesia regardait beaucoup les yeux des autres. Cela en apprenait bien plus que l’on pouvait le croire sur une quelconque personne. Toutes ses émotions y étaient reflétées, et le plus important, une grande partie de sa personnalité. Et pour cela, Lesia pensait qu’il ne fallait jamais négliger un regard. Le sien, celui de sa cliente, était très expressif. Mais la jeune fille ne s’attarda pas trop dans celui-ci, à cause de sa petite taille, elle allait bientôt se retrouver en compagnie d’un gentil torticolis. Sensation pas vraiment agréable, à la longue.

Même bien après que Lesia eût terminé son récit, la nouvelle cliente ne lui répondit pas. Elle regardait autour d’elle, à la recherche de son cadeau probablement, passant ses doigts sur quelques-unes des sculptures, les prenant parfois en main, elles qui la regardaient faire sans bouger, ayant peut-être un peu peur de cette grande inconnue qui s’était immiscée dans leur domaine et les touchaient, elles qui n’avaient jamais eu que Lesia comme parente, elles qui n’avaient jamais vécu qu’entre ces murs en douce compagnie de leurs sœurs, de leurs nombreuses sœurs, assises chacune à sa place, emmitouflées dans leurs cocon. Sans doute l’une d’entre elle allait se retirer aujourd’hui, allait découvrir le monde extérieur, quitter ses proches pour une nouvelle famille, une famille qui, il fallait l’espérer, prendrait soin d’elle, plus encore que sa parente ne le faisait. Il aurait été normal qu’elles aient peur, ces petites, Lesia elle-même aurait sûrement été angoissée à la vue de cette femme qui les dévisageait une par une. La jeune fille aurait bien eu envie de les rassurer, de leur demander de ne pas s’inquiéter, de leur dire que tout allait bien se passer pour elles, qu’elles allaient être heureuses. Elle avait bien envie de les envelopper dans ses bras, toutes autant qu’elles étaient, de les rassurer de ses petites mains marquées. Mais elle n’en fit rien, d’une part parce que l’on la prendrait sans doute pour une folle à lier et que cela ferait fuir tous les potentiels clients de sa boutique, à commencer par la grande femme, d’autre part parce qu’elle devait se faire à l’idée que ses petits bijoux n’étaient peut-être pas vivant, et qu’ils n’avaient rien à faire des belles paroles de la jeune fille puisqu’ils n’avaient tout d’abord pas peur, et que malgré la délicatesse avec laquelle elle les avait entretenus chaque jour, elle demeurait une inconnue pour qui ils ne ressentaient rien, puisqu’un objet ne ressentait aucune émotion. Voilà déjà deux bonnes raisons, non ? Même si la deuxième n’en était pas vraiment une, puisqu’elle ne pouvait pas se résoudre à y croire elle-même, ses sculptures représentant tout son univers. Mais soit, cela faisait tout de même deux raisons. Et elle se contenta alors de suivre sa cliente à travers les différents rayonnages, repassant à l’avant de la boutique comme Lesia avait indiqué à l’intérieur de son discours. Preuve qu’elle avait tout de même été écoutée, même si son dit discours avait demeuré monologue.

Elle s’approcha à nouveau de la grande femme, tout sourire, se demandant si elle pouvait l’aider pour quoi que ce soit d’autre, attendant une quelconque parole qui lui indiquerait ce en quoi elle pouvait se rendre utile à présent, mis à part continuer indéfiniment de la suivre partout où elle se déplaçait en fidèle chien d’aveugle. Et c’est au bout d’un petit moment que celle-ci, les yeux rivés sur une nouvelle sculpture qu’elle avait en main, prit la parole, et lui demanda si elle pouvait lui proposer d’autres modèles de l’animal qu’elle tenait, en un peu plus imposant ou dans d’autres positions. Elle ne l’avait pas formulé de ces mots, mais l’essentiel en restait. Lesia baissa les yeux sur la fameuse sculpture, qui s’avérait être un ours, se questionnant mentalement sur les différents modèles qui lui restaient. Et la réponse ne se fit pas attendre, elle se souvenait de quelques-uns qu’elle avait pu fabriquer, mais surtout d’un en particulier, la toute première sculpture qu’elle avait réalisé seule, celle qui datait d’avant son arrivée à Exilian, celle qui était là depuis assez longtemps pour avoir déjà voyagé en bateau en sa compagnie. Lesia ne s’y connaissait pas tellement, en races d’ours, comme bien du monde d’ailleurs, aussi espérait-elle posséder quelque chose pouvant ravir sa cliente, et par la même occasion, l’amie à laquelle était destiné le cadeau. La jeune fille s’avança, remonta les manches de son pull pour ne rien risquer de renverser sur son passage, et plongea un bras dans le rayonnage, vers les potentiels ours qui se trouvaient derrière celui qu’avait maintenant en main la grande femme. Ceux-ci s’avéraient plutôt enfoncés dans le rayon, ce qui devait expliquer pourquoi la cliente ne les avait pas vus au premier coup d’œil. Elle en trouva trois autres, de la même dimension. Le premier donnait l’air de se déplacer, sur ses quatre pattes, plutôt imposant, ce qui devait être dû à son poil épais et de grands yeux ronds qui fixaient quelque chose devant lui. Le second ressemblait beaucoup à l’ours « initial », celui qui s’était trouvé au-devant de la file, ayant pour seule différence l’allure qu’il semblait avoir, qui faisait peut-être même un peu peur à qui le regardait. Et le dernier, ou le tout premier dans un certain sens, se trouvait être un tout petit ours, probablement un bébé, en position assise. Et Lesia se retourna, protégeant les bêtes de ses bras pour ne pas les laisser tomber au sol, et les présenta à la jeune femme :

« J’ai aussi ceux-ci en ma possession, en espérant que vous les trouverez à votre gout. »
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