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 Généralement on tombe sur quelqu'un sans avoir besoin de tomber au sol [FEAT Lesia]

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(#) Généralement on tombe sur quelqu'un sans avoir besoin de tomber au sol [FEAT Lesia]   Ven 1 Sep - 15:30

Après ma rencontre avec le garde aux cheveux bleus nommé Jensen, je remballai mes affaires.
Je roulai les toiles vierges et les mis dans la poche extérieure de mon sac, rassemblai tous les pinceaux, les essuyai consciencieusement avant de les ranger à leur place. Et puis après, j'ai dû ramasser tout mes tubes de couleur et les mettre dans la grande poche. J'ajoutai sur le tout ma palette, et j'étais fixé quant au rangement de tout mon fatras.
Donc, je n'aurais eu plus qu'à plier mon chevalet et mon tabouret, mettre mon sac sur mes épaules et prendre mon fidèle bâton à la main pour rentrer chez moi pour afin de manger un bon petit repas acheté chez le traiteur du coin en chemin, si un crétin ne m'avait pas gâché les réjouissants plans que j'avais à l'esprit.
Il semblait être l'un des employés du cirque au vue de sa tenue, et il n'avait l'air ni commode, ni de bonne humeur. Je sens qu'on va beaucoup se marrer lui et moi. Et j'avais raison.

- Hé, toi!  , éructa-t-il. Qu'est-ce que tu fous là s'pèce de bouffon?!

Je le regardai ironiquement, un sourcil levé, et répondis calmement d'un ton neutre:

- Je pense que ça se voit, je range mon matériel de peinture afin de rentrer chez moi et de prendre un bon souper comme tout honnête citoyen qui a travaillé toute la journée.
- J'avais compris, merci! Tu vois pas où est le problème petit couillon?!
- Ben...
- T'as salopé tout le sol partout là! Tu crois que c'est qui qui nettoie ici?!

Je jetai un coup d'oeil circulaire autour de moi, même si les façons exagérées du personnage m'incitaient à me méfier.
Les taches de peinture n'étaient pas les plus gênantes du lot. Y'avait pas mal de bouts de papier aussi. Et puis je suis pas le plus crado des peintres, je fais quand même un minimum gaffe. Où veut-il en venir?
Mais, même si la façon de parler de cet homme n'est pas très avenante, c'est moi qui suis quand même en tort, je plussoie.

- Excusez-moi, je n'y pensais pas. Auriez-vous de qu...

Si je n'avais pas été attentif et aussi vigilant, je me serais pris le coup de poing en pleine face. Je me baissai, posai rapidement mes affaires par terre, les yeux grands ouverts malgré moi par la surprise- ces actions ne durèrent que peu de secondes. Je plissai les yeux, et assénai un violent coup de bâton dans l'énorme bide du bandit. Il recula en titubant, stupéfait par la rapidité de cette riposte et sa brutalité.
Il n'eut pas vraiment le temps de se reprendre à vrai dire, car déjà il se mangeait d'autres coups bâtonnesques, notamment à la joue droite (CRAC!), au cou (VLAN!), au bras gauche (BAM!) et enfin une puissante pointe au ventre qui le propulsa sur les fesses. Il s'écroula de tout son long sur le sol.
Je restai un petit moment à le contempler, puis récupérai mes affaires. Je m'éloignai en lui faisant cette remarque:

- La prochaine fois que tu veux piller quelqu'un en te faisant passer pour une personne du personnel, veille à ce que ton badge soit comme celui de chaque membres le composant, c'est-à-dire bleu, et non pas vert, ça pourrait mettre la puce à l'oreille quant à ta vraie identité.

Et tout simplement, je m'éloignai de lui en laissant planer ma phrase dans l'air dite avec autant de calme.
J'arrivais à la sortie, quand en voulant éviter de bousculer une jeune fille, je m'écartai. Enfin, voulus m'écarter plutôt, car en effet, je glissai sur une peau de banane et me rétamai ridiculement sur le sol.
AH NON MAIS C'EST PAS VRAI, C'EST UN SKETCH MA VIE OU C'EST COMMENT?
Si ça n'avait été que ça, ça aurait été tranquille. Je me serai relevé simplement et aurai repris ma route sans autre pensée. Mais le problème est le suivant: mon sac m'a échappé dans ma chute et tout son contenu s'est répandu sur le sol.

- Merde alors!...  , jurais-je en me relevant péniblement et en époussetant mon pantalon. La poisse!  , ajoutai-je en soupirant avec le peu de dignité qu'il pouvait me rester.

Ce n'était que juste chose que je subisse le même sort que j'avais infligé quelques temps plus tôt au scélérat qui m'avait attaqué. Enfin... euh... juste, juste.... ce n'était que pure défense mes coups de bâton. Comme quoi faut jamais se fier au costume d'une personne, et chercher plus en détail qui elle est. Au moins je m'en suis sorti sans dommages. Bien fait pour ce sacripan. Pour sûr il les avait bien mérités ces coups. Pour sûr aussi que je ne suis pas la première personne qu'il choisit comme victime de ses méfaits.
Je commençai à ramasser toutes mes affaires activement, mais maladroitement, car tout s'était mélangé et ce n'était pas franchement pratique. Je dois avoir l'air tellement pittoresque. Je déteste ça. Nié. Je me sens tout embarrassé. Zut. Fichtre.
La poisse.

Et tout simplement, je m'éloignai


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Lesia Maiwenn
(#) Re: Généralement on tombe sur quelqu'un sans avoir besoin de tomber au sol [FEAT Lesia]   Sam 2 Sep - 17:44

Lesia ne travaillait pas aujourd’hui. Lesia était à jour dans toutes ses sculptures. Lesia avait encore tout un tas de livres à lire, bien soigneusement rangés dans sa petite bibliothèque. Lesia n’avait rien perdu du tout. Lesia n’avait même pas perdu ne serait-ce qu’une journée. Tout allait pour le mieux, c’était le cas de le dire. Cela faisait trois jours déjà qu’elle n’avait perdu aucune journée. Ni même aucune heure, ni même aucune minute. Cela faisait trois jours qu’elle n’avait rien perdu du tout. Et pendant ces trois journées entières, elle a eu le temps de bien travailler. Trois jours sans interruption, c’était exactement ce dont il lui fallait. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, elle pouvait se permettre d’avoir un véritable jour de repos, et non pas un jour soi-disant de repos passé à travailler comme une dingue pour rattraper ce qui n’avait pas été fait durant son absence. Aujourd’hui, elle allait en profiter en sortant de chez elle, simplement. Elle allait découvrir ce lieu où elle habitait, elle allait découvrir cette grande ville qu’était Exilian. Parce que mis à part le trajet qu’elle prenait pour se rendre dans sa petite boutique, la jeune fille se rendit compte qu’elle ne connaissait rien de cet endroit où elle vivait depuis un petit moment déjà. Cela aurait même dû être la première chose à faire à son arrivée avant même de commencer les choses sérieuses. C’est vrai, elle s’était mise à travailler dès le début, dès son arrivée, sans même réellement savoir où elle se trouvait. Les seules choses qu’elle connaissait vraiment d’Exilian, c’était les choses que lui avait raconté son père pendant ses leçons d’histoires, bien avant sa nouvelle vie. Et maintenant qu’elle habitait ici, pour de vrai, il s’avérait que cette enfant ne connaissait toujours rien d’autre que les fabuleuses histoires de son paternel. Tout cela n’avait aucun sens. Et pourtant, tout au fond d’elle, elle avait l’impression de connaitre les lieux, et mieux que personne. Elle avait la sensation de connaitre même en détail les vieux quartiers, qu’elle trouvait d’ailleurs bien trop malfamés pour qu’elle y mette les pieds de son vivant. Alors où les avait-elle déjà vus, pour qu’elle ait une vision aussi claire d’eux ? Lesia ne savait pas. Ce n’était sans doute que son imagination qui tentait d’associer des images à des termes, tant pis s’ils ne correspondaient pas. Même si, il fallait l’avouer, l’image des vieux quartiers semblait plutôt réelle… La jeune fille avait vraiment une imagination débordante.

Elouan soupira intérieurement, incapable de faire beaucoup mieux de là où il était piégé, comme toujours. Sa colocataire était vraiment une imbécile finie. Incapable d’ouvrir les yeux pendant des quelques « jours perdus », pour reprendre ses mots. Elle était incapable de voir que tous ces lieux qu’elle connaissait, c’est parce qu’elle les avait déjà vue quand lui, était aux commandes ! Elle avait toujours été incapable de faire le lien entre ses moments d’absences et toutes ces choses qu’elle savait sans pour autant savoir comment. Elle mettait toujours cela sur le dos d’une quelconque intelligence, qu’Elouan recherchait d’ailleurs, jour après jour, mais qui, de son point de vue, devait terriblement bien se cacher. Elouan voulait sortir, il voulait partir, il voulait la liberté, il ne voulait plus rester dans l’ombre de cette idiote. Mais il savait bien que ce n’était pas demain la veille. Jour après jour, il la détestait plus encore de lui voler sa place, de lui voler sa vie entière. Dès qu’il aurait son corps à lui, si c’était déjà possible, il la tuerait. Une vengeance on ne peut plus méritée.

Tout juste sortie de chez elle, Lesia se mit à parcourir les rues. Elle savait parfaitement où elle voulait se rendre. Un endroit dont elle avait bien des fois entendu parler de ses quelques clients, à l’intérieur du magasin. Le Grand Cirque, ça s’appelait. Lieu où étaient réunis les plus grands artistes, de ce qu’elle en savait. Il faut dire qu’il était connu, ce fameux cirque, mais là encore, Lesia n’y avait jamais mis les pieds. Tellement pathétique. Mais bon, il y avait tout de même quelques avantages dans le choix du lieu d’aujourd’hui : partout, dans chaque rue ou même ruelle, le lieu du célèbre Grand Cirque était indiqué. Ce qui était bien pratique pour ce repérer. Parce que Lesia et l’art de se perdre, cela ne faisait et n’avait toujours fait qu’un. De nombreuses fois elle s’était déjà demandé comment elle serait rentrée chez elle si ses parents n’avaient pas été avec elle pour l’aider. De nombreuses fois, de trop nombreuses fois elle aurait bien fini par s’endormir sous un pont, découragée par le paysage qu’elle pouvait voir et qui ne ressemblait en rien à ce par quoi elle aurait dû passer. Et maintenant que ses parents n’était plus là, avec elle, elle avait encore plus de chances d’observer cette crainte se réaliser, et sous ses propres yeux. Finalement, heureusement que toutes ces indications été présentes, sinon, il ses serait sûrement passé une journée de plus sans qu’elle ne mette le nez à l’extérieur, et une journée de plus qu’elle serait restée dans l’ignorance de tout ce qui pouvait bien ses trouver aux alentours.

Le cirque, il était blindé de monde. Partout des touristes allaient et venaient, riaient, s’écriaient, ou criaient tout court, couraient, bousculaient, demandaient, et beaucoup d’autre choses. Et tous n’étaient pas touristes, bien entendu. Lesia en était la preuve humaine. Mais un bruit régnait sur ces lieux, un bruit puissant qui mélangeait toutes sortes de bruitages, de voix et de musiques. De quoi se donner la migraine, si l’on y restait trop longtemps. La jeune fille essayait tant bien que mal de se frayer un passage à travers la foule, contournant tous ces familles ou groupes d’amis, tout en évitant dans la mesure du possible de bousculer les gens. Si elle avait su, elle serait arrivée ici à un autre moment qu’en plein après-midi, et en week-end qui plus est, ou la foule battait des records. Elle voulait, comme à son habitude, commencer par faire un petit tour du cirque avant de réellement se lancer dans une activité, de peur de louper quelque chose d’intéressant. Elle ne connaissait pas du tout l’endroit, ou à peine de nom, normal qu’elle voulait ne serait-ce qu’un peu découvrir l’endroit avant de s’y aventurer, non ? Elle parcourut les rues, tournant tantôt à gauche, tantôt à droite, obnubilée par ce qui se déroulait sous ses yeux. Les rues étaient plus ou moins pleines, en fonctions des différents ateliers qu’il y avait à regarder. Et Lesia prenait plaisir à la regarder, toute cette vie qui se déroulait tout autour d’elle, elle observait les autres, essayait de comprendre leur langue. Devant elle, un couple qui promenait un bébé dont les pleurs en réveillerait plus d’un, des adolescents de douze ou treize ans s’émerveillant devant ce qu’ils voyaient dans une langue qui était inconnue à la jeune fille, un drôle d’homme qui semblait pressé et s’étalait de ses longs membres sur le sol. Lesia s’attarda quelques minutes sur le dit homme, qui s’empressait de ranger toutes ses affaires en tentant de ne pas perdre une minute. Celui-ci était sûrement l’un des artistes du cirque, en vue du style d’affaires qu’il essayait éperdument de ramasser. Puis il se releva, et partit en vitesse, comme pour ne pas être en retard. Enfin, elle le supposait. Puis son regard fut attiré par un petit objet qui roulait à même le sol, juste devant ses chaussures. Un pinceau. Lesia l’aurait bien un peu plus décrit, mais, elle devait avouer qu’elle ne connaissait rien du tout à la peinture. Après tout, ce n’avait jamais été son domaine. Son domaine à elle, c’était la sculpture, et c’est tout. Elle ne pas pouvait dire être vraiment douée en autre chose. Mais, à la réflexion, cela était bien suffisant à ses yeux. Sans perdre une seconde de plus, elle ramassa le pinceau qui gisait sur le sol de ses mains abimées avant que quelqu’un finisse par poser le pied dessus, et courut à travers la foule, non sans bousculer quelques personnes sur son passage, à qui elle se contenta de murmurer quelques « pardon » par-ci par-là. Puis, elle se planta devant le peintre, qu’elle aurait reconnu entre mille à cause de son accoutrement, et s’excusa, remarquant tout juste qu’elle l’avait stoppé net dans sa marche. Ou plutôt dans sa course, elle ne savait pas vraiment. Enfin bon, elle ouvrit la bouche, un peu gênée, tout en brandissant le pinceau :

« Oh, euh, excusez-moi mais… Je pense que ceci vous appartient, vous l’avez fait tomber dans votre chute… »
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(#) Re: Généralement on tombe sur quelqu'un sans avoir besoin de tomber au sol [FEAT Lesia]   Dim 3 Sep - 14:30

Une fois que j'eus quitté le cirque, j'accélérai le pas. Enfin, autant que je le pouvais parmi la foule qui inondait les rues voisines du Grand Cirque. Une raison à cet empressement? Oui, en effet.
Quoi, laquelle? Et bien, en réalité, un éclair de lucidité dans ma mémoire m'a rappelé à temps que l'on était dimanche (oui, le cirque est ouvert les dimanches des vacances scolaires).
Mais encore? Le traiteur ferme donc plus tôt bon sang, et il était déjà seize heures et une minute à l'horloge à l'entrée du cirque quand je l'ai quitté, et il ferme à la demie!
Donc en gros, si je ne me bouge pas mon arrière-train façon turbo, et bien pas de repas ce soir, ni à réchauffer, ni à manger froid! Comme le marché n'est là que le matin, je ne peux même pas faire rapido des courses. Et... disons que mon garde-manger est, malgré les quelques grains de riz oubliés traînant dans les coins, hum... complétement vide. Même pas de quoi nourrir un cafard, sérieusement... Et j'ai fini les restes hier soir et ce matin.
Comme j'ai pour habitude de manger léger le midi (une ou deux pommes et un morceau de pain), mon estomac me fait férocement comprendre vers seize heures par de multiples crampes son désaccord total d'être comparé à mon garde-manger.
Je soupirai de satisfaction lorsque je réussis à atteindre la rue du fameux traiteur, tout aussi encombrée que les précédentes traversées, par des troupeaux de touristes piaillant devant tel ou tel immeuble de tel ou tel siècle. Le brouhaha ambiant de tout ce monde est presque aussi assourdissant que celui du cirque qui pourtant perce les tympans, d'où le fait que je reste à l'entrée, près des affiches, qui est un coin moins encombré, un peu plus calme et où je peux mieux attirer l'attention de mes éventuels clients.
Je regarde avec angoisse la montre d'un passant, qui vient de la sortir, par-dessus son épaule.
Seize heures vingt! Fiouuuuuu! Nouveau record battu! Yes! Génial!
Et comble de tout, il n'y a même pas de queue!
J'entrai à l'intérieur, achetai mon repas du soir (pommes de terre sautées avec poulet et petits pois) ainsi que quelques biscuits pour apaiser mon estomac le temps de rentrer chez moi et de me poser.
Je sortis et repris ma route d'un pas plus calme, plus tranquille, un biscuit dans la bouche tandis que je fourrais mes achats dans mon sac.
Et là, ma marche fut brutalement interrompue dans son élan lorsqu'une personne que je crus reconnaître comme étant la fille que j'ai voulu éviter de bousculer et que du coup je suis tombé, se positionna devant moi.
J'arquai un sourcil interrogateur, surpris, le biscuit toujours à la bouche et mes bras suspendus dans leur action de rangement.
Cette même personne brandit un pinceau sous mon nez et me dit:

- Oh, euh, excusez-moi mais... Je pense que ceci vous appartient, vous l'avez fait tomber dans votre chute...

Je la scrutai un instant, puis ensuite observai le pinceau qu'elle tendait vers moi. Je finis rapidement de ranger mes ravitaillements, croquai mon biscuit, frottai mes mains contre mon pantalon pour enlever les miettes, puis les approchai du pinceau. Je le saisis doucement et fit une deuxième séance d'observation envers celui-ci.

- Hmm... taille 12... poils drus...   , marmonnai-je.

J'ouvris ma sacoche et j'eus la confirmation presque immédiate qu'il manquait en effet ce pinceau, et mon regard s'éclaira alors d'une lumière joyeuse. Je le remis à sa place, puis regardai de nouveau la jeune fille. Je lui souris, le visage éclairé de gratitude.

- En effet, c'est bien un des miens! Merci beaucoup! Ca ne court pas les rues les honnêtes gens comme toi.

Je posai mon index sur mes lèvres et levai les yeux au ciel dans une position de réflexion.

- Hmm... Si tu veux mon avis, tu ferais mieux de venir au Grand Cirque plutôt demain vers dix heures si tu le peux. Tu n'as pas de chance, aujourd'hui est le jour où les troupeaux de touristes et de familles abondent le plus, surtout à cette heure. Demain sera plus calme, et en plus j'ai ouï dire par certains passants qu'une nouvelle attraction allait ouvrir ce lundi.

Je lui adressai un nouveau sourire, cette fois un peu embarrassé.

- Hum... Sur ce, à la prochaine! Encore, merci.

Et je m'éclipsai, pour je ne sais quelle raison, gêné.

En rentrant, je déposai mes affaires par terre, un peu fatigué. Je m'étirai longuement et baillai un coup, faisant craquer mes os pas ce même étirement. Aaah, ça fait du bien d'être chez soi!
Je m'allongeai sur mon lit, songeur, les mains croisées sous ma nuque, et les paupières fermées à demi. Je me mis à rêvasser tranquillement de ma journée. Le garde bourru aux cheveux bleus, les diverses peintures vendues aux divers clients... ma chute au sol et après ma rencontre avec la fille aux cheveux roses qui m'a rendu mon pinceau perdu.
Dans un flash, je revis ses mains.
Elles me disent quelque chose, leur façon d'être abîmées ainsi... tiens... qu'est-ce que ça me rappelle? Hmmm... OH MAIS JE SAIS!
Je sursautai tellement ma mémoire s'était illuminée vivement.
Ce sont des mains comme celles de mon père. Travaillerait-elle aussi le bois ou une autre matière de ce genre? C'est peut-être une artiste du cirque. Donc, j'ai dû avoir l'air encore plus con qu'avant en lui disant les meilleurs horaires à prendre. Pour sûr qu'elle travaillait et non pas qu'elle visitait.
Je soupirai. Enfin, je pense.
Mais peut-être que je la croiserai demain, au cirque, si elle vient quand même à dix heures ou qu'effectivement elle travaille là-bas.
Pour la remercier de m'avoir rendu le pinceau, j'aurai peut-être quelque chose qui pourrait l'aider, une pommade maison qu'utilisait mon père quand ses mains était si abîmées qu'il en souffrait.
Moi, depuis ma blessure au visage, je suis plus tourné vers la peinture que vers la menuiserie. Mauvais souvenirs. Et puis, j'aime bien travailler les couleurs et les formes de sorte que du plat donne l'impression de 3D.
Je frôlai ma cicatrice du bout des doigts. Je peux m'estimer franchement heureux que l'oeil n'ait pas été endommagé. Être borgne ne doit pas vraiment être top comme situation.
Mince, j'ai faim, quelle heure est-il?
Je jetai un oeil à la pendule.
Dix-neuf heures! J'ai ressassé pendant tout ce temps!
Je fis réchauffer mon poulet-patates-petits pois ou plutôt ma cuisse de poulet avec des pommes de terre et des petits pois à l'oignon, dans une marmite, et une fois le tout chaud, je mangeai, puis allai me coucher.
Je rêvai de pinceaux de toutes les tailles, toutes les couleurs, de tous poils, et de cheveux roses. Ensuite, je me vis tenant un pinceau que je n'avais jamais vu, un pinceau bleu clair avec des sculptures dorées et un poil très doux.  Je traçai sur un arbre une fleur sans utiliser de peinture et qui pourtant était colorée. Et alors.... elle devint réelle. Oui, vraiment réelle!
J'effleurai ses pétales rouges. Puis, une douleur me prit à la main. Elle saignait et le liquide vermeil s'écoulait doucement par un fine coupure. Le pinceau l'absorba.
Avec horreur, je jetai le pinceau, mais ma main ne bougea pas. Ni mon bras d'ailleurs. En fait, mon corps était totalement insensible aux ordres que je lui donnais, et était immobile.
Je sentis la terreur monter en flèche quand je me sentis et m'entendis rire d'un rire qui n'était pas le mien, un rire sombre et plein de mauvais présages.
Et, c'est sur cet ultime et très désagréable souvenir que je me réveillai en sursaut, plein de sueur.
Malheureusement, impossible de me rappeler ce qui m'a épouvanté ainsi dans mon sommeil.
Je m'assis sur le bord de mon lit et passai la main sur mon visage afin de chasser tout vestige de la nuit et me concentrer sur ma journée.
Coup d'oeil à la pendule.
Huit heures trente.
Je me lavai, m'habillai, mangeai, puis, équipé de mon matériel habituel, partis direction le cirque à neuf heures précises.
A neuf heures trente, j'y étais, installé comme d'habitude quand je travaille, et à la même place qu'hier.
J'avais raison, c'était beaucoup plus calme que la veille.
Je me demande si elle va venir.
Je me surpris à l'espérer secrètement.


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Lesia Maiwenn
(#) Re: Généralement on tombe sur quelqu'un sans avoir besoin de tomber au sol [FEAT Lesia]   Lun 4 Sep - 14:15

Lesia avait programmé son réveil, ce lundi matin, comme chaque début de semaine, à une exception près. Ce lundi-là, elle ne se rendrait pas au travail. Elle avait fini par rentrer chez elle la veille, et une autre petite sculpture était à présent bien entamée. Un autre de ses petits bijoux allait voir le monde, et allait rejoindre ses sœurs d’ici peu. Elle n’avait sûrement jamais autant produit de toute sa vie, ou au moins, dans toute sa maigre carrière dans la ville. Et c’est ainsi qu’aujourd’hui, en cette matinée inhabituellement calme, la jeune fille prendrait son temps, elle s’était choisie une jolie journée de congés bien méritée. Jolie, c’était bien le mot. Tout était ensoleillé, dehors, pour cette période de l’année. Et tout était calme surtout, Exilian n’avait en effet plus rien en commun avec ce qu’elle était une journée auparavant. Cette journée, elle ne l’avait pas choisie totalement au hasard. Et même pas du tout. Elle ne faisait jamais cela, elle qui adorait son métier. Elle allait se rendre au cirque, à nouveau, ce jour-là. La veille, le peintre lui avait donné comme un rendez-vous là-bas, à dix heures précisément. Et elle en était ravie, plus que cela même, car il s’agissait là de sa première véritable rencontre. Sa première véritable rencontre en dehors de ses chéris clients, bien sûr. La première véritable fois où elle pourrait discuter de tout ce dont elle avait envie si cela lui chantait, la première véritable fois où elle n’aurait pas besoin de se montrer si professionnelle, et, elle se rendit compte qu’elle en avait vraiment besoin. Heureusement que sa bibliothèque avait été près d’elle, tout ce temps, car elle se serait sans doute sentie terriblement seule et ennuyée sans tous ses personnages souvent aussi arrogants qu’attachants, et leur multitude d’aventures plus intrigantes les unes que les autres. Les livres, c’étaient bien joli, mais cela ne parlaient pas. Quant à ses petits bijoux, ils étaient certes très jolis, lui inspiraient certes autant de sympathie que s’ils étaient véritablement ses enfants, leur présence chaque jour était certes confortable, mais il leur était incapable de parler, à eux aussi. Mais aujourd’hui, Lesia avait un rendez-vous, pour de vrai, dans le monde réel, et elle allait discuter avec une véritable personne. Une personne peut-être un peu étrange, par ses manières, ou quoi que ce soit, mais ce genre de personne était en général plus sympathiques. Les artistes en général étaient quelque peu étranges. Elle-même était finalement comme une artiste. Peut-être certains pouvaient la trouver étrange, elle aussi. Mais l’idée ne la dérangeait pas le moins du monde.

Elouan avait dû se réveiller en même temps que cette gamine qui lui servait de colocataire. Juste à cause d’un stupide réveil qu’elle tenait à programmer même lorsqu’elle ne travaillait pas. Quelle égoïste. Comme si lui infliger sa présence et ses pensées dérangeantes en permanence ne lui suffisait pas, elle devait aussi lui infliger ses horribles horaires, à présent. Cela ne plaisait pas à Elouan. Il voulait diriger, pas être continuellement soumis à cette vie d’esclave qu’il avait bien du mal à supporter. Sur ce point, le jeune homme aurait sans doute bien aimé être comme elle. Il aurait bien aimé ignorer son triste sort, ignorer qu’il se trouvait enfermé dans la propriété de quelqu’un d’autre. Propriété qui allait tout de même devenir sienne, cela, il se l’était promis. Il se l’était promis il y assez longtemps, déjà. Et chaque jour le rapprochait un peu plus de son but, même si cela ne se voyait pas encore. Les promesses d’Elouan, personne n’était autorisé à les rompre, et personne ne les romprait jamais.

Quelques dizaines de minutes seulement étaient consacrée à sa nouvelle sculpture, aujourd’hui. Elle ne pouvait pas se permettre de plus, au risque d’arriver en retard. Lesia taillait le bois, sûrement mais en toute délicatesse à la fois, comme à son habitude. Son petit atelier était tout juste éclairé pour lui procurer l’inspiration et la concentration nécessaires. C’était son père qui lui avait appris, tout cela, qui lui avait appris chaque détail jouait sur la concentration. Ainsi, elle prenait toujours soin d’être propre, reposée, nourrie, de relever ses longs cheveux, de réguler la température de la pièce, de s’assurer que celle-ci était bien isolée, pas trop humide, avant de se mettre au travail. En apparence, toutes ces choses n’avaient peut-être pas trop d’importance, mais en réalité, cela changeait beaucoup plus de choses que l’on ne pouvait l’imaginer. Puis la jeune fille sortit de son petit appartement, prenant soins de ne pas en oublier la clef à l’intérieur comme elle le faisait souvent, puis sortit, la fraicheur du vent lui fouettant gentiment le visage au fil de ses pas. Elle essaya d’emprunter exactement le même chemin que la veille, pour être sûre d’arriver au bon endroit, malgré le changement d’atmosphère qui régnait au niveau de la population qui était beaucoup moins présente et du temps qu’il faisait, bien entendu. Mais le décor restant tout de même à son endroit habituel, et grâce à sa mémoire, elle parvint finalement à repasser par les même routes, par suivre les mêmes pancartes disposées un peu partout dans la ville. Jusqu’ici, la journée s’annonçait bonne, non ?

Il devait être aux alentours de dix heures lorsque la jeune fille arriva enfin à destination. L’heure prévue. Enfin, à destination, ou plutôt dans le cirque. Faute d’avoir couru un peu partout la veille, elle ne savait plus exactement par où elle avait pu passer, et où elle devait se rendre. De temps en temps elle se souvenait avoir bousculé une personne à tel ou tel endroit, ou elle se souvenait d’un banc sur lequel elle avait trébuché, ou même de la douce mélodie d’une des diverses animations… Lesia finit par laisser son instinct la guider. Après tout, si celui-ci l’avait déjà guidé une fois en ce lieu, pourquoi pas une deuxième ? Là ! A ce croisement qui se trouvait là, juste devant elle, elle avait tourné à gauche, elle en était persuadée ! Et à son souvenir, c’était seulement une dizaine de mètres plus loin qu’elle avait aperçu le couple et leur bébé aux cris perçants, et donc… De l’autre côté, du moins normalement, qu’elle avait ramassé le fameux pinceau poils durs, ou quel que soit son nom, et rencontré le peintre de la veille pour la première fois. Elle fit encore quelques pas, en trottinant dans l’allée qui comportait beaucoup moins de monde, heureuse d’avoir réussi à trouver sans trop d’embûches, comme à chaque fois que l’on lui demandait de chercher un lieu, où qu’il puisse être. Puis Lesia s’arrêta net sur le chemin, à l’endroit indiqué, ne savant pas exactement ce qu’elle était censée faire et où était l’homme. Peut-être n’était-il pas encore arrivé, ou avait trop de travail…
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